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  • L'amandier
  • : L'Amandier est une association dont l'objectif est de maintenir vivante l'oeuvre de Georges Brassens et de lui donner la place qu'elle mérite dans notre patrimoine culturel collectif.
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Corneille-Bernard.jpg

 

Voilà des mots adressés, à l'origine, à un personnage bien réel. Marquise, née Marquise-Thérèse de Gorla est la fille d'un bateleur de foire qui la fait danser sur son stand. Lors d'un passage de sa troupe à Lyon, Molière la remarque et l'engage. Elle épouse l'un des comédiens, René Berthelot, dit Du Parc et devient à la scène Mademoiselle Du Parc. En 1658, la troupe de Molière installe ses tréteaux pour quelques mois à Rouen, et c'est là qu'entre en scène Corneille, qui y réside.

Pierre Corneille, mais aussi Thomas son jeune frère. Tous deux se livrent à une sorte de joute poétique destinée à séduire Marquise. En vain, en tout cas pour Pierre. Marquise a 25 ans, lui 52, et les nombreux prétendants de la belle sont tous beaucoup plus jeunes que lui (Molière, La Fontaine, Racine, et donc Thomas, de 19 ans son cadet). Par dépit sans doute, Pierre écrit donc ces Stances. La carrière de Mlle Du Parc n'en souffrira pas. Elle deviendra l'une des actrices favorites de Jean Racine qui écrira pour elle le rôle d'Andromaque, qu'elle créera avec la troupe de l'Hôtel de Bourgogne.  C'est au sommet de sa gloire et admirée de tous, qu'elle meurt subitement le 11 décembre 1668.

Voici le texte intégral des Stances de Pierre Corneille (cliquer sur l'image).

Marquise-Thérèse de Gorla

Marquise-Thérèse de Gorla

 

L'histoire ne dit pas comment Brassens a découvert ce texte, mais on lui saura gré de ne pas avoir conservé les strophes où le mauvais goût le dispute à la muflerie et à l'auto-satisfaction frisant la goujaterie. L'amertume du poète n'excuse pas tout...Il fait peu de doutes que c'est l'ajout dû à la plume de Tristan Bernard qui a incité Brassens à écrire cette chanson. Mais d'abord, présentation en famille, puisque c'est Raymond Bernard, deuxième fils de Tristan (de son vrai prénom Paul), qui évoque la naissance de son père.

 

 

Voici la conclusion ajoutée par Tristan Bernard aux Stances de Corneille, telle qu'elle est présentée dans un ouvrage collectif intitulé L'Esprit de Tristan Bernard (Gallimard, 1925).

Reponse-Tristan-B.jpg

 

Il est à noter que Tristan Bernard, et le rédacteur de l'article, font la confusion : pour eux marquise est un titre de noblesse, pas un prénom. Brassens corrige et, dans le même temps apporte une variante au premier vers. Son "Peut-être" est beaucoup moins résigné que le "C'est vrai".

 

Voir Album VII pour l'interprétation de Goun (Brassensiades 2012).

- dans Poètes