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Présentation

  • : L'Amandier
  • : L'Amandier est une association dont l'objectif est de maintenir vivante l'oeuvre de Georges Brassens et de lui donner la place qu'elle mérite dans notre patrimoine culturel collectif.
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Tout le monde sait que Brassens a "déposé" la même musique sur ce poème d'Aragon, et sur La prière de Francis Jammes. Cette association n'a pas enchanté Aragon, qui ne s'en est pas caché. Contrairement à certaines hypothèses, il n'y avait chez Brassens aucun désir de provocation.

D'ailleurs il s'en explique (cliquer)  Il n'y a pas d' amour heureux & La prière

Ce qui, sans doute, a surtout déplu à Aragon, c'est la suppression de la dernière strophe de son poème.

Cette strophe qui, d'après Bertrand Dicale "apporte la seule explication de cette pétition d'amour désespéré, [...] pose le contexte des quatre premières et les éclaire : tant que la patrie est sous le joug, l'homme ne peut se laisser aller à l'espoir, nul amour ne peut être heureux, nulle entreprise humaine n'est possible... En coupant cette dernière strophe, Brassens fait [de ce poème] un texte catégorique sur la vanité foncière des sentiments et des volontés humaines - il n'espère pas en l'amour, il se retire de son jeu. Et il refuse la subordination du sentiment amoureux au patriotisme, tel que le proclame Aragon"                                                    Bertrand Dicale - "BRASSENS ?" - Flammarion 2011

Le texte original d'Aragon :  Il N'y a pas d'amour heureux Il n'y a pas d'amour heureux

Il est vrai que La Diane française, recueil qui contient ce poème, a été écrit sous l'Occupation. Brassens et Aragon n'avaient pas le même objectif.

Petit détail : dans l'édition complète des poèmes d'Aragon de La Pléiade, les adaptations de Léo Ferré ou de Jean Ferrat sont citées. Pas celle de Brassens (Quand on coupe un poème, Monsieur, on n'entre pas à la Pléiade !).

Brassens s'agaçait parfois des questions qui revenaient à propos de cette coupure. Et quand les circonstances ne se prétaient pas à l'explication de texte, il adaptait sa réponse.

Ainsi, lors d'une émission de radio (cliquer)  La dernière strophe 

Bien entendu, on est prié de croire qu'il parle sérieusement...

 

Voir Album II  les commentaires et l'interprétation de Catherine Sauvage.

- dans Poètes